L’Apocalypse d’Icare

L’Apocalypse d’Icare

Résidence de création au théâtre de Semur pour cet opéra signée par le violoncelliste Dominique de Williencourt .

Une Légende apocalyptique. Dominique de Williencourt s’inspire de ses voyages dans les déserts du monde. De sa rencontre avec un serpent, il compose un opéra… Rapprochant le mythe d’Icare à l’Apocalypse de Saint Jean, il s’interroge sur la fulgurance de la chute et sa révélation.

Genèse de cette Légende apocalyptique :
« Toute la journée seul en plein désert américain Mojave des indiens Navajo, j’ai joué du violoncelle. J’ai replacé mon instrument de fortune sur le dos. Je marche vite dans la descente. Mon pas fait trembler le sol et ses ondes se propagent jusqu’au serpent à sonnettes un peu plus loin alangui. Dans ma hâte, nos chemins se croisent. Je le réveille en sursaut. Surpris, il se redresse subitement et se recroqueville, la queue bruissant de sa crécelle nasillarde et musicale. Il a peur, moi aussi. Je m’arrête, je le fixe. Ses yeux fendus, verts glaçants, transpercent mon regard. Nous nous immobilisons à quelques centimètres l’un de l’autre. La goutte de venin pend à chacun de ses crocs. Je la vois. Elle suinte. En une fraction de seconde qui me semble interminable, j’ai le réflexe de me propulser en l’air. C’est alors que je comprends l’éternité de l’instant. Avant de toucher terre un mètre plus loin, je me sais totalement vulnérable. Dans la promptitude de son déploiement, le crotale peut m’atteindre aisément. Ma cheville est à sa disposition, libre dans l’air. Avant de retomber sur le sol quelques centièmes de seconde plus tard, ma vie entière défile dans ma tête et me rappelle la fulgurance de la chute d’Icare. La certitude de ne pouvoir échapper à la mort rallonge l’instant de sa prise de conscience. Et me révèle. »
Dominique de Williencourt – Californie – mars 2017