Divertisserie

Divertisserie

Compagnie SF

Divertisserie vient de la rue, le fond comme la forme, le texte comme la chorégraphie. C’est le lieu d’investigation initial qui a été choisi parce qu’il est le lieu commun par nature, parce que la rue est si quotidienne qu’on ne la voit presque plus, qu’on lui met des filtres, parce que l’on peut y croiser François Hollande en scooter aussi bien qu’Isacca Oumbélé peiné de prouver son identité… 

Sébastien Foutoyet a passé 3 semaines à parcourir les rues de 3 villes de banlieue parisienne grâce au concours du CNAREP de Garges les Gonnesse. Doté d’une table d’écolier à roulettes, il observe et (se) questionne : la rue est-elle un lieu d’expression ? Qui traverse, qui utilise, qui vit dans la rue et en quels endroits ? Peut-on s’assoir ici ? A quelles heures ? Où vont les riches, où vont les pauvres et se croisent-ils de temps en temps ? Est-ce la chorégraphie de la résignation? La rue fait-elle peur ? Quelle ambiance, quel climat, qui a peur de quoi et pourquoi ? Faut-il mettre des laisses à nos enfants pour ne pas les perdre dans la foule ? Faut-il mettre des laisses aux hommes ? Faut-il aimer les militaires ? 

Sébastien ressort des rues du Val d’Oise marqué de dizaines d’expériences de vies, de situations tendues, de fragilités humaines, de couleurs et de silhouettes évoluant dans un mouvement perpétuel et vertigineux… Puis il écrit. 

Cherchant à retranscrire le réel, il lui insuffle les caractéristiques d’une recherche artistique déjà patente dans les dernières pièces de la Cie SF, celle de la beauté de l’échec : une tentative sans cesse avortée et réitérée de danser sur le malheur.
« Mon thème de prédilection c’est notre échec, écrit-il, je veux dire l’échec de notre humanité. J’ai toujours considéré que c’était un thème unificateur, où le plus grand nombre peut se retrouver. Alors oui, Divertisserie c’est des plumes dans le cul sur le réel. » 

En 2019, le projet s’enrichit du travail de l’équipe artistique au complet : une flopée d’artistes chargés, expérimentés et aux origines artistiques variées. Grâce à l’accueil en résidence de La Vache qui Rue de Moirans en Montagne, le travail au plateau donne sa forme au texte ébauché. Les contours de la pièce s’affermissent : un mur en béton, à ses pieds quelques spectateurs, et puis le couloir d’une rue la nuit, où défilent les tableaux des séquences de vies volées, mis en musique en direct. 

Avec le soutien du Théâtre Dijon Bourgogne dans le cadre du plan de soutien aux compagnies régionales mis en place à titre exceptionnel en 2021, en partenariat avec le réseau Affluences Bourgogne Franche-Comté.

Distribution :
Auteur / metteur en scène : Sébastien Foutoyet
Comédien.ne.s. : Julien Colombet, Nicolas Dewynter, Laurent Renaudot dit Diouc, Pauline Valentin, Séverine Douard – comédienne
Musicien : Stéphane Mulet – musicien
Costumière : Cécile Choumiloff
Créateur lumière / régisseur : Nicolas Jarry

Crédit photos : Jérôme Gaillard